lundi 4 mai 2009

BARRIERES INTERACTIVES


Selon la définition personnelle suivante, la notion de non-localité est une zone d’influence, donc, par extension (sic) de communication, de probabilités d’expression d’être, càd de caractèristiques prédéfinies d’un objet quelconque. Pourquoi prédéfinies ? Parce que si l’on suppose qu’il y a objet, alors on détermine d’office que quelque chose existe selon certains paramètres : on donne ainsi une frontière à l’objet même, quand bien même cette frontière n’est que virtuelle ou mathématique, d’autant que cette frontière ne renferme l’expression que d’un seul possible : c’est ici (ou là) que peut s’exprimer tel objet et pas un autre.

Cependant, la non-localité en elle-même ne supporte aucune notion de limite expansive.

Ainsi, elle peut se déployer théoriquement à l’infini, dans toutes les directions, selon tous les angles possibles à partir d’un point de départ, point de départ s’entendant aussi bien existant que non-existant.

La non-localité peut donc s’étendre, se déployer selon une fractale exponentielle. Cependant, la non-localité n’est pas une entité unique, mais une entité fragmentée. C’est un tout (puisqu’elle peut se trouver partout, y compris à des échelles différentes de celle d’origine), mais un tout qui a des naissances multiples, et, où chaque partie contient le tout, càd la définition de la non-localité. Ce qui d’ailleurs est un atout majeur, puisque chaque partie peut disparaître, sans que le tout n’en soit affecté : c’est déjà l’expression induite de la continuité, donc l’expression d’un temps quelconque, mais surtout une puissante pérennisation pour que l’essence de l’être ait la chance de voir le jour et perdure (redondance volontaire).

Or, dès l’apparition de ces zones d’expression, totalement autonomes les unes des autres, puisque correspondant aux zones d’expression de chaque objet qu’elles supportent et dont elles offrent l’opportunité d’être autrement que virtuellement, il existe une possibilité d’interaction, ne serait-ce que par recoupement de toutes les zones de non-localité dédiées à chaque objet.

Parce que 2 solutions s’offrent à nous :

1) soit les diverses zones de non-localité s’épanouissent côte-à-côte, parallèlement ;

2) soit, elles s’épanouissent en tout sens en donc elles finissent pas se rencontrer.

La seconde solutions est la meilleure, car, ainsi, cela permet aussi l’expression concrète de certains possibles qui forment l’objet en lui-même : c’est parce que la zone d’expression de l’objet rencontre une autre zone d’expression d’un autre objet et que se confrontent ainsi les divers paramètres dont est pourvu chaque objet, que chacun peut ainsi exister vraiment : il y a interaction. Et elle commence par les zones d’expression.

Ici, peut s’exprimer X, là Y, et, puisqu’il y a rencontre des zones ici et là, alors 2 objets prédéfinis apparaissent (bien qu’il faille une conscience pour révéler réellement les deux objets, mais cela est une autre affaire).

Tout cela pour dire qu’il existe des barrières interactives. Afin qu’il puisse exister des objets réellement, et non pas en simples possibles.

Et donc, si l’on veut utiliser l’expansion de la non-localité au-delà même de l’expression des objets réellement exprimés, alors il va falloir compter avec ces mêmes barrières.

De plus, puisque l’on passe d’une échelle microscopique à une échelle macroscopique, voire à une échelle intermédiaire, alors il s’avère que les forces universelles vont aussi interagir. Elles-mêmes s’exprimant de manière expansive tout en respectant leurs champs d’applications, donc toujours en interagissant entre elles, mais également avec les zones d’expression de la matière.

Aussi, vouloir utiliser la non-localisation primitive suppose qu’il faille savoir déjouer toutes ces barrières interactives qui s’opposent à un usage aisé.

Car toutes les barrières interactives sont gage d’une certaine stabilité temporaire, afin que les choses existent telles quelles, au moins un certain temps. Càd un temps sans grand bouleversement.

En effet, à chaque fois qu’un paramètre essentiel de stabilité est bousculé (même si le système est dynamique : puisque ce dynamisme suit toujours la même logique il est alors considéré comme stable), donc à chaque fois que la force d’inertie du système tout entier est perturbée, alors, il y a possibilité de transformation (mutation), parce que des ouvertures permettent le passages d’informations, les barrières interactives s’écartent sous l’influence du bouleversement temporaire, la coercition devient moins rigide. Il sera donc difficile de trouver des ouvertures au cœur de cette inertie systémique afin d’atteindre la cible visée, en dehors des périodes favorables. Bien sûr, difficile ne veut pas dire impossible.

C’est ici qu’intervient le mot tabou en science actuelle : le déterminisme… Ce qui n’enlève en rien le probabilisme scientifique, mais vient le compléter.

Parce que pour définir les failles dans l’inertie du système, il va falloir pouvoir les déterminer, càd chercher tous les paramètres possibles et imaginables, qui permettront d’éviter ou de contourner ces barrières interactives, de glisser dessus, voire de les utiliser. Car je suppose qu’il n’est pas concevable, aujourd’hui (demain peut-être) de bousculer volontairement tout le système, afin de faire passer une information.

Bien sûr je parle du passage de l’information via le canal de la non-localité destiné à l’objet ciblé et non pas d’une mutation aléatoire produite au cœur de l’organisme, càd l’information elle-même.

Une fois tous les obstacles de diffusion surmontés, il va falloir trouver quoi envoyer, ou plus exactement, c’est l’inverse qu’il faut faire : d’abord trouver l’information, ensuite ouvrir le canal.

Ainsi, si jamais le canal était dors-et-déjà ouvert et qu’une information était déjà en préparation, il faudrait alors connaître impérativement les effets encourus en fonction de cette même information. Ce qui veut dire que la mutation éventuelle du virus doit certes être efficiente, mais surtout qu’elle n’engendre aucune complication pour les porteurs du virus, ni n’engendre d’autres types d’infections.

Ce qui signifie que la recherche et l’expérimentation sur le virus doit être en amont de l’ouverture du canal de diffusion, afin de ne pas envoyer des messages qui auraient des conséquences néfastes et irréversibles. En tous les cas il n’est aucune place à l’improvisation.

En conclusion, les obstacles sont nombreux, il va falloir les connaître et les reconnaître, mais les possibles offrent l’espoir de pouvoir utiliser un jour le principe de non-localité hors vecteur unique, dans la mesure où l’on saura dresser une cartographie détaillée des chemins les plus opportuns du réel.

dimanche 30 novembre 2008

HISTOIRE D'HOMME

L'élève se lève. Au milieu des autres.

Le maître le regarde avec attention. Il reste assis, sur l'herbe grasse. Le pré se pare de mille fleurs bucoliques et d'insectes éspiègles. Les longs arbres alentours bercent leurs ramures harmonieuses au caprice du vent joufflu et condescendant.

Il fait grand bleu dans le ciel matinal, où les oiseaux virevoltent, pépient, jouent et ignorent les hommes, en bas, perdus dans la verdure chaloupée par les douces ondes aériennes printanières. Le décor est planté. Chaque chose à sa place, une place pour chaque chose.

L'élève, visiblement, veut poser une question. Il cherche ses mots. Le maitre lui sourit. Et l'encourage.

"Parle, mon fils, que veux-tu savoir que tu ne sais déjà ?" Mais l'élève se met à rougir. Il a peur que ce qu'il va dire soit une absurdité.

"Eh ben...voilà..."

Quelques murmures s'ébatent au coeur de ses acolytes. Quelques coudes frappent les côtes des voisins, on s'échange des regards fuyants, on ironise en silence : que va-t-il encore faire remarquer ?

"L'homme est une sorte d'animal, n'est-ce pas maître ?
- Sa nature physique est tirée de l'animalité, mais l'homme n'est qu'un homme, sinon, pourquoi aurait-il inventé un mot distinctif pour se qualifier lui-même ?
- Oui, c'est ce que je voulais dire en fait...
- Que veux-tu savoir une fois cette précision faite ?" L'élève hésite encore un peu; il se dandinne d'un pied sur l'autre, se gratte le crâne, regarde le vide à droite et à gauche, puis, finalement, prenant son courage à deux mains, il se décide : "Pourquoi l'homme est-il le seul animal qui a des cheveux ?
- Voilà une belle question pour une belle matinée. Tu peux t'asseoir."

Le maître, dont chacun sait qu'il souffre de ses lombaires délicates, se lève lentement. Le maître aime bien marcher pour répondre. Les idées affluent parce que le cerveau doit fonctionner pour faire bouger les muscles du corps lorsqu'il se meut, c'est un peu comme s'il amorçait la pompe à idées.

Le maître adore faire des réponses. Ca justifie son titre. Et puis, il faut bien avouer que le maître est un peu cabotin, il aime bien qu'on l'écoute avec enthousiasme.

"Oui, voilà une belle question. Levez-vous et suivez-moi. Je vais vous raconter une histoire, l'histoire de l'homme et de Dieu."

Il était une fois un animal qui changea d'état pour devenir homme.

C'était il y a fort longtemps, des milliers d'années en vérité. Celui qui allait devenir homme, avait faim. Mais hélas, il dut s'éxiler de sa nature généreuse devenue par trop peuplée et intolérable, la promiscuité étant insoutenable. Il n'y avait plus assez de nourriture pour que l'homme puisse manger à sa faim. Ses enfants avaient de terribles crampes d'estomac, et puis l'eau devenait impropre, la diarrhée était devenue la norme, la survie impossible, il n'y avait pas d'autre solution, il fallait aller là-bas, loin, au-delà de ce qui avait été autrefois un monde merveilleux. L'homme fut chassé de son monde sécuritaire par le manque.

Sauf que là-bas, au loin, c'était la plaine. De l'herbe haute à perte de vue. Un ours des cavernes pourrait facilement les croquer, surtout que ça court vite un ours des cavernes. Et puis il y a les tigres à dent de sabre. Les serpents...ah ! les serpents ! sutout le mamba noir ! quelle sale bête ! il avance presque aussi vite que le guêpard et sa morsure tue en moins d'une minute.

Bien sûr, avant que l'homme devienne vraiment homme, ce n'étaient pas ces bêtes là qui existaient : elles étaient bien plus terribles encore ! Elles avaient plus de dents et des mâchoires démesurées. Et, mon Dieu, elles puaient le fauve ! Tout autant qu'elles couraient bien plus vite que l'homme, ce pauvre hère devenu un paria, un nomade, un sans logi, un moins que rien, trop lent pour tout, trop faible, trop peureux. Un qui ne devait pas survivre. Un moins que rien.

Pourtant, le pré-homme osa l'impensable : il franchit le pas. Malgré toutes les mises en garde. De toute façon, c'était ça ou mourir.

Main dans la main, solidaire, la peur et la faim au ventre, l'homme et sa famille s'engagea vers l'inconnu. Surmontant sa peur. Et quelle peur ! Celle qui donne des cauchemars, même quand on est réveillé ! Partout le mal pouvait frapper et le tuer. Sans se soucier de lui. Comme un vulgaire bout de viande.

Alors, il a fallu réagir. L'homme a dû prendre son destin en main. Courageusement. Mine de rien, il venait d'inventer une notion que la nature n'avait pas prévue : surmonter la peur. Pourtant, la nature aurait dû le savoir : à un moment donné, il fallait bien que son système ne puisse plus offrir tout ce qu'elle avait promis. A moins, bien sûr, que la nature l'ait fait exprès. On ne peut pas savoir avec la nature, elle est tellement, comment dire...hasardeuse.

Il s'élance donc vers son avenir. Il fait face à sa propre peur.

Sauf que la nature lui avait réservé un chien de sa chienne : la plaine a ceci de particulier : la foudre y est particulièrement meurtrière, elle frappe tout ce qui dépasse, mais, surtout, il n'y a pas de moyen de lui échapper...

Enfin, il semblait ne pas y avoir de moyen.

Jusqu'à ce l'homme se rende compte que certains poils se mettaient droit sur sa tête à certains moments, juste avant l'orage. Alors, l'homme a observé. Et, il a fini par comprendre que les poils sur sa tête ne se dressaient qu'à certains endroits de la terre, ceux qui attirent la foudre justement.

Alors, petit à petit, il a sélectionné ceux de son clan qui avait le plus de poils réceptifs sur la tête. Et, ainsi de suite, de générations en générations, l'homme a fini par avoir des cheveux sur le crâne, parce que les cheveux sont bien plus sensibles que les vulgaires poils d'animaux.

C'est comme ça que l'homme est devenu vraiment homme, une fois que tous ont possédé des cheveux, ces poils fins qui poussent tout le temps et qui détectent la foudre.

La prochaine histoire sera sur l'invention de Dieu par l'homme, l'animal devenu chevelu.

mercredi 23 avril 2008

CERTITUDE

Je suis humain, représentant de la matière pensante, de la matière qui s'organise afin d'avoir conscience de s'organiser.

Toutefois, qu'est-ce qui s'organise finalement ?

A partir de quoi s'organise-t-elle ?

Je suis donc humain composé de matière organique, c'est-à-dire de matière vivante, d'éléments chimiques inertes à l'origine, qui, une fois mis en présence et sous l'impulsion d'une énergie quelconque, fonctionnent interactivement les uns par rapport aux autres : tous ces éléments sont interdépendants, chacun ne peut survivre que si les autres survivent, chacun occupant l'espace et le temps qui lui est dévolu, qu'il doit utiliser pour assurer sa pérennité, pour assurer la pérennité de l'ensemble tout entier : il faut que ça tourne.

Ma matière fonctionne parce qu'elle est en mouvement, parce que sa "mécanicité" est utilisée, parce qu'il n'y a pas de rupture dans la chaîne d'interconnectivité.

Voilà pour ce qui est du domaine d'études.

Soit, mais qu'étudie donc la matière, ma matière, qu'est-ce que j'étudie hors de moi ?

Parce qu'il ne faut pas oublier non plus que si ma chimie organique fonctionne intérieurement en interdépendance avec tous ses éléments qui la compose, elle fonctionne aussi, extérieurement, sur une mécanique plus globale encore, tout aussi interactive avec son biotope, son milieu, son espace et son temps qu'elle occupe partout où je me trouve : ma chimie interne ne vaut que si j'ai une chimie externe qui l'accueille et lui permet de s'épanouir : il ne peut, dans la réalité de notre monde, en être autrement.

Tient, en parlant de réalité de notre monde : voilà une transition toute trouvée pour aborder mon sujet principal : qu'est-ce que nous percevons de la réalité ? Qu'est-ce que notre chimie intérieure perçoit de sa chimie extérieure ? Que perçoit l'interaction restreinte de l'interaction générale ?

D'abord, je suis matière. Je suis ainsi composé de molécules (chimie), elles-mêmes composées d'atomes (physique), eux-mêmes composés de particules qui ne sont que des vibrations que je pourrais qualifier de solidifiées (physique quantique).

Vibrations. Voilà un mot qui me dit beaucoup de choses. Il m'éveille une quantité d'informations sur l'interaction qui concilie mon interaction restreinte et l'interaction générale.

Vibrations = fréquences = mouvements plus ou moins réguliers répétés plusieurs fois = ondes ( de probabilité d'être ici et là, en même temps ). C'est ma définition actuelle, celle qui va me servir de point de départ à mon étude présente.

Je vais même jusqu'à dire que : puisque les vibrations (ondes) sont répétées à l'envi, elles deviennent réalité, c'est la répétition qui donne corps aux ondes, c'est le process qui solidifie momentanément les ondes. Vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas ?

Donc, la réalité dans laquelle j'évolue, c'est une succession d'ondes solidifiées temporairement.

Ondes solidifiées que je capte de diverses manières.

La plus parlante ( jeu de mot au combien évocateur...) est bien entendu (re-jeu de mot...) l'onde sonore : mes oreilles et sa mécanique interne captent les vibrations de l'air.

La plus visible : les vibrations de lumière que renvoient les surfaces et leurs particularités respectives, par exemple, l'oxyde de cuivre est plutôt bleu, tirant sur le turquoise : il renvoie une fréquence spécifique de dose de lumière : si c'était une autre matière, la couleur obtenue serait différente, parce que chaque matière absorbe ou renvoie plus ou moins de lumière.

Ça encore, c'est assez facile à concevoir ou à comprendre.

En revanche, pour ce qui est du touché, c'est beaucoup moins évident : quelles ondes captent le touché ? Ne serait-ce pas l'onde électrique propulsée au travers du système nerveux central et qui rencontre un obstacle ? La solidité temporaire de la matière rencontrée ? Donc, une onde volatile qui rencontre une onde nettement plus statique ?

Mais alors, l'odorat : quelles ondes que celles des odeurs ? Les molécules ? Cet agglomérat d'atomes, agglomérats de particules, agglomérats d'ondes, agglomérats de répétitions successives et simultanées d'un mouvement qui cherche son équilibre paire*...

Quand au goût, ce ne serait pas une prolongation de l'odorat, une interprétation de l'odorat ?

Bref, vous l'avez compris, je focalise mon idée sur le fait que notre réalité n'est qu'une affaire d'ondes, d'interactivité et d'interprétations.

Ce que je veux dire dans tout ça c'est que nous ne faisons que capter des vibrations, alors que nous sommes vibrations nous-mêmes, nous ne captons donc que des niveaux différents de fréquences : nous sommes vibrations dans une réalité vibratoire, certes, mais il existe une quantité de vibrations différentes.

Or, il se trouve que l'humain possède une matière qui s'organise bien entendu pour survivre dans la réalité, mais qui s'organise aussi pour avoir conscience de cette organisation, mieux, pour avoir conscience d'avoir conscience - ce qui au passage me renforce encore dans l'idée que notre monde est analogique : avoir conscience d'avoir conscience, c'est en quelque sorte une répétition de répétition : tout comme répéter des fréquences finit par engendrer leur solidification...mais cela est un autre sujet.

Ainsi, ma matière organisée ou organique, s'arrange pour percevoir le monde et l'interpréter.

Ce qui veut dire que mes capteurs sensoriels organisent mes connexions synaptiques, mes échanges neuronaux, mon arborescence intellectuelle en fonction des vibrations perçues : mon intelligence n'est donc due qu'à l'organisation de mon interconnexion, orchestrée selon ce que j'arrive à percevoir de la réalité, des vibrations, des ondes plus ou moins solidifiées temporairement de la réalité.

Ou : comment des ondes interprètent d'autres ondes. Comment des échelles de grandeurs différentes, comment des fréquences différentes, alors qu'elles sont en interaction totale, finissent par créer une intellectualité.

Ou : la matière s'organise physiquement pour contenir l'intellectualité. L'intellectualité est donc dans l'organisation de la matière, selon l'agencement qu'elle met en place pour capter des ondes de probabilité d'être d'elle-même.

Je ne dis rien d'autre que l'intellectualité est dans la matière. Et, en disant cela, je dis tout.

Ce qui veut dire que matière et intellectualité sont indissociables, quelque soit l'échelle.

La seule chose que je ne peux pas affirmer, c'est à partir de quand on considère que la matière est matière, à partir de quand elle cesse d'être virtuelle, d'être seulement vibrations, d'être ondes de probabilité d'être là ou là en même temps ? Quand elle devient tangible ? Par qui ou quoi ? Pourquoi se solidifie-t-elle ? Enfin, pourquoi devient-elle temporairement solide ? Ou, plus exactement, dans mon esprit, c'est-à-dire avec mes mots, quand devient-elle moins dynamique, un peu plus statique, au point de pouvoir être perçue ? Mince... J'ai l'impression de tourner en rond : si elle ne devient un peu plus statique que lorsqu'elle est perçue, alors il faut qu'elle soit déjà organisée pour percevoir...mais si justement elle n'est encore que mouvement, qu'ondes de probabilité d'être, elle ne peut donc être perçue...

Ah, paradoxe, quand tu nous tiens ! Pour que la probabilité de matière se solidifie un tant soit, il faut qu'elle soit perçue, et, pour percevoir, il faut qu'il se solidifie un tant soit peu avant de s'organiser !

Ca tourne ! Non ? Pour que l'interactivité générale soit reconnue par l'interactivité restreinte, il faut que l'interactivité restreinte soit engendré par l'interactivité générale, que l'un puisse compter sur l'autre et vice-versa : si l'interactivité générale ne connaît pas d'interactivité restreinte, alors il se peut que l'interactivité générale n'existe pas.

Donc la non-certitude de la première est confirmée par la certitude de la seconde.

*cf : équilibre paire & impaire.

dimanche 6 avril 2008

EQUILIBRE : PAIRE & IMPAIRE

Qu'est-ce que l'équilibre finalement ?

Ne serait-ce pas lorsque deux extrémités s'opposent à force égale autour d'un point commun ? Autour d'un axe commun ?

Et ces deux extrémités peuvent très bien présenter autant de divergences que faire se peut, c'est-à-dire, autant de différences, voire d'aucune similitude, ou inversement d'ailleurs, l'important résidant dans le fait que l'occupation des espaces de chaque côté de l'axe ne permet pas, à chacune des occupations, de prendre l'ascendant sur l'autre.

Ainsi, je peux affirmer que les divergences convergent vers un point commun. C'est l'antinomie absolue.

Cependant, ce que je viens de dire résume une idée qui s'érigerait en fonction d'un axe de raisonnement que je pourrais qualifier d'impaire.

En effet, puisque j'ai deux extrémités ainsi qu'un axe, je peux considérer que j'ai donc trois éléments qui façonnent l'une de mes interprétations des lois de l'équilibre.

Toutefois, cela suppose qu'il faille une loi pour déterminer l'équilibre, puisqu'il faut raisonner également avec la loi de la gravité : pour qu'un équilibre entre deux occupations d'espace se développe autour d'un point commun, il faut, impérativement, non seulement que chaque espace d'occupation soit irrésistiblement attiré quelque part, mais également, que cela soit dans le même sens. Donc, l'équilibre s'articule autour de deux égalités indispensables et dont l'une s'inscrit dans l'autre.

Bien.

Admettons maintenant que nous soyons dans un système encore plus simple, un système qui ne connaisse pas encore la loi de gravité, un système qui n'aurait pas encore intégré cette loi fondamentale (j'insiste sur le mot fondamentale).

Par exemple, un système qui n'ait pas encore de masse. Seules des notions de masse future, seulement des prévisions de masse - donc d'amalgame - au mieux, ou bien encore, que des notions d'espace à remplir, voire à conquérir, par quelque chose qui ne serait pas rien, ou, plus exactement, qui serait rien et dont la notion de rien veut que ce soit déjà quelque chose.

Aussi, puisque je parle d'équilibre pur, mais d'équilibre tout de même, il me suffit donc de n'avoir que deux espaces, quelque soit ce qu'il y aura ultérieurement à l'intérieur. Je peux donc me contenter de n'avoir que deux espaces vides. En présence.

La présence est obligatoire. Elle est obligatoire de toute façon puisque si j'ai deux espaces, j'ai obligatoirement présence : un et un autre. Sinon, je n'ai qu'un seul et unique espace. CQFD. Alors, la présence, féminine comme il se doit, peut tout aussi bien être masculine : je peux dire présent, cela ne change rien à l'affaire.

Deux espaces vides sont dans le présent. Ou, présentement, deux espaces vides : il est possible de voir les choses sous tous les angles, voire dans n'importe quel angle. Aussi, cela met également en évidence qu'espace et temps sont bien indissociables quelque soit la dimension que l'on étudie.

Sauf que, pour le moment, je n'ai que deux espaces vides et rien d'autre. Encore qu'en disant cela - rien d'autre - j'introduis une troisième notion sous-jacente, donc une notion impaire.

Pourtant, c'est la notion paire de l'équilibre qui m'intéresse présentement.

Puisque je n'ai que deux espaces vides (qui ne demandent donc qu'à se remplir, mais j'extrapole déjà...) et que je pense en paire, je n'ai physiquement pas vraiment d'espace de démarcation entre ses deux espaces, je n'ai qu'un seul espace avec deux extrémités. Ou, plus exactement, je n'ai pas encore d'extrémité, mais seulement la possibilité minimum d'aller dans un sens ou dans l'autre. Malgré tout, j'ai une (la) notion impaire qui définit la notion paire. L'une et l'autre étroitement imbriquée.

Mais j'ai déjà l'équilibre.

Or, comment alors peut-il s'exprimer cet équilibre ? Puisqu'il n'y a pas d'axe autour duquel il ne peut mettre en évidence deux forces égales - aucun des deux espaces ne prend l'ascendant sur l'autre - dans le meilleur des cas (pour un équilibre rigousement parallèle à un plan de référence), puisqu'il n'y a pas encore de gravité, puisqu'il n'y a pas encore de masse, puisqu'il n'y a rien.

Ne serait-ce pas en créant le mouvement ? D'une extrémité à l'autre ? Comme une oscillation permanente - de toute façon puisque nous sommes dans le présent tout est permanent - donc une onde qui se déplace d'un espace à l'autre, ou, plus exactement, puisque les espaces ne sont pas définis mais infinis, sans limite, dans un sens et dans dans l'autre. En même temps.

Donc, un mouvement, à la fois, convergeant et, à la fois, divergeant. Ainsi, nous avons, présentement, tout ce qui fait qu'un raisonnement impaire de l'équilibre puisse se développer et entraîner tout ce qui fera la matière telle que nous la connaissons, c'est-à-dire en amalgamant tout ce qui peut l'être, tout et rien : en donnant un sens et unique sens : les divergences convergent vers un point d'équilibre.

Et comme il faut pérenniser cette loi d'équilibre impaire, il faut donc quelque chose de solide qui le mette en évidence : la matière. Qui obéit à des lois bien établie par l'homme.

L'homme, l'une des extrémités de la matière justement. Dont lui-même possède une autre extrémité : les mots et les notions qu'ils véhiculent.

Aussi, quel est l'autre sens qui s'oppose aux notions des mots de l'homme ?

Ne serait-ce pas d'autres notions ? A l'autre extrémité ? Enfin, dans l'autre sens...

dimanche 10 février 2008

HORIZON

Le soir tombe. Offrant la banalité de l'explosion de ses couleurs chaudes au contraste du vide spatial exotique et froid.

Je regarde le ciel sans nuage s'empourprer dans l'ombre de la Terre. La première étoile brille déjà, faiblement, là, juste à droite de mon regard émerveillé.

Je suis debout, seul, tout en haut de l'immense dune de sable blanc, face à l'océan délicieusement chaloupé et pourvoyeur des fragrances de Neptune, qui éclosent sous quelques brisures écumeuses de lames bleues-grises, cassures de houle monotone et rythme volatile de la superficialité chahutée par le zéphir du ponant. Derrière moi, tout en bas et perdue jusqu'à l'horizon du sol incertain, la dense forêt de pins maritimes répond, avec son insolence verdâtre et l'onde fixée de sa canopée indifférente, à l'orgueil de l'océan insensible. La brise marine et printanière s'essouffle avec langueur. Il fait frais et je frissonne sous mes vêtements optimistes.

Je scrute l'azimut. Je me sens léger et serein, heureux de pouvoir encore admirer le show condescendant de la rondeur de l'ouest impérial. Le spectacle a été rodé maintes et maintes fois dans les provinces de la planète. Et le nombre de spectateurs ne décline jamais, bien au contraire. Les critiques sont unanimes : la fascination est quotidiennement renouveler. Sans artifice.

Je respire profondèment. J'inhale le monde jusqu'au tréfonds de ma chaire. Je bois la beauté qui m'accueille. Je mastique et je déglutis l'univers : je ressens dans mon maxilaire inférieur, comme un cannibale affâmé, le plaisir charnel d'être vivant.

Je suis pourtant dissocié de mon environnement salutaire. Je suis autonome. Autonome, solitaire, égoïste, égocentrique, je suis le centre de tout. Mon esprit divague sous l'ivresse des convulsions de jubilation temporaire qui m'envahissent avec complaisance. La raison s'interpose dans un moment fugace : comment peux-tu être autonome alors que tu n'es que symbiose ? Illusion...

Je ne suis que détachement. Détritus de la splendeur universel. Copeau inutile de l'arasement académique.

Pourtant, perdu au coeur de cette partialité totalitaire, ma corruption arrogante prétend se sentir unitaire, prétend être entité, alors que, spiritualité oblige, je ne suis qu'amalgame admirablement compilé d'une multitude fragmentée de vibrations occasionnellement alourdies.

Je suis la conscience de la matière. Même si, souvent, je m'égare dans ma propre insignifiance.

Matière qui s'admire, qui admire le paysage qu'elle met en oeuvre. Qui ingurgite son expression. Qui s'automutile. Et qui recycle. En permanence.

Je ferme les yeux.

vendredi 18 janvier 2008

CONSEQUENCES

Et si j'appuie là, ça fait quoi ?

Ça enfonce une sorte de courte manette carré en métal poli gris mat, dessous de laquelle l'inscription en capitales rouges intime l'ordre de ne toucher qu'en cas de nécessité absolue...

Et croyez-moi, il vaut mieux que ce soit une nécessité absolue ! Parce que là, je ne sais plus vraiment ce qui se passe ! Malheur !

D'abord, j'entends un son, mais pas n'importe quel son, non ! Quelque chose de super strident, qui siffle bien au-delà de l'audible, un machin aigu qu'il en peut plus, genre alarme hystérique de coffre-fort de banque, mais en bien pire, si vous voyez ce que je veux dire ! Je suis obligé de mettre mes deux mains sur mes deux oreilles ! Et encore, si je ne faisais rien ce serait pareil ! C'est comme si le bruit perforait ma chaire ! Mieux ! Comme si mes mains ne faisaient qu'amplifier et servaient de peau de tambour ! Ça fait si mal que je gueule comme un sourd ! Et Dieu sait combien j'aimerais être sourd à l'heure qu'il est ! J'en tombe à genoux ! Tellement ça fait une putain de douleur !

Sauf que, dans tout ce raffut, je ne me rends pas compte tout de suite de ce qui ce trame tout autour de moi.

D'un coup, finis les décibels ravageurs. J'ai la tête qui bourdonne tellement que je me sens vaciller. J'en ai des hauts-le-coeur. Je me tiens à quatre pattes, sans m'en être rendu compte. Il y a un manque de quelques secondes dans ma vie : je n'ai plus existé le temps d'un instant. Un bref, très, très bref instant. Avais-je sombré dans l'inconscience ?

Mais non. Ce n'est pas moi qui vacille finalement : c'est le sol qui ondule. Incroyable ! Comment un plancher si rigide peut-il se soulever et retomber dans un même rythme ? Quelqu'un à l'autre bout de la pièce le secoue avec un malin plaisir ou quoi ?! Et oh ! Tient ! Ça fait aussi bouger toutes ces consoles noires, métalliques, piquetées d'une multitude parfaitement calibrée de lumières multicolores et clignotant en silence, parfois presque en flashant, parallélépipèdes hautains, dressés à la manière des menhirs celtiques ! Elles se cognent et s'écartent en accordéon, les unes après les autres.

Ce serait fascinant si je n'étais pas au coeur de la sinusoïde mouvementée !

Comme quoi, un petit bouton de rien du tout peut entraîner un désordre colossale !

Moi et ma manie de toujours toucher ce qu'il ne faut pas ! Ça rate jamais ! Paf ! A chaque fois, je tombe sur un cirque pas possible ! A croire que c'est une façon de me sentir vivre : me mettre dans les pétrins les plus improbables ! Non mais ! Comment je pouvais savoir, moi, que ça allait déclencher pareille frénésie ? N'est-ce pas ? Je me sens soulever puis redescendre. C'est rigolo tout compte fait. Hop en haut ! Hop en bas ! Et ça recommence ! Et ça continue !

Mais ça s'arrête donc jamais ?! Je vais devoir rester là ? Sans bouger ? Enfin, façon de parler... Parce que je fais du trampoline là !

Ho ! Je glisse ! Aïe ! Je suis sur les fesses, je dévale jusqu'au creux qui me remonte aussi sec ! Et qui m'éjecte ! Bing ! Je me cogne au plafond qui suit lui aussi les ondulations ! Et je suis projeté à nouveau vers le bas ! Qui donne l'impression d'être plus bas encore, puisqu'il plonge vers un fond inconnu ! Je blackboule jusqu'au tréfonds puis je suis à nouveau transporté vers le haut ! J'essaie de m'agripper à n'importe quoi ! En vain ! Tout se dérobe ! Puis tout vient s'imposer à moi ! Je suis brinqueballé sans dessus-dessous ! Je roule ! Je dégringole avant de gravir malgré moi ! Horreur ! Je suis ballotté ! Je me sens propulsé ! Tout se déballonne ! Et ça recommence ! Encore ! Et encore ! Haut ! Bas ! Haut ! Bas ! Haut ! Bas ! Haut ! Bas !

Lorsque...enfin ! Miracle ! Tout s'arrête ! Oh joie ! Indicible ! J'en suis tout retourné...j'ai du mal à trouver mon équilibre. Mes jambes flageolent. Je dois me tenir à l'une des consoles. Je ne sais plus où je suis vraiment. Attention à ne plus rien toucher par mégarde cette fois !

Derrière moi, j'entends qu'on ouvre brutalement une porte. Elle claque contre le mur. Je me retourne. Des hommes, casqués, carapaçonnés de kevlar sombre, arme de guerre au poing, entrent en cavalant et en se mettant à genoux en position de tire.

Je ne comprends pas tout de suite.

"Descendez ce gaillard !!!"

Je reçois un coup d'une violence incroyable dans l'épaule droite, tellement puissamment que je suis projeté vers l'arrière en pivotant. Je sens le même choc dans la cuisse gauche alors que je m'éclate le crâne sur le carrelage blanc. Ça fait POK ! Puis plus rien. Dans le cirage le plus complet.

Plus tard, trois jours après soi-disant, je me réveille dans une chambre de réanimation couvert de tuyaux au milieu de plein de bip-bip réguliers. Et j'ai un mal de tête ! J'ai soif ! J'ai envie de pisser, mais le pire, c'est que ça me démange dans le dos, à tel point que je crois que c'est ça qui m'a sorti du comas. Hélas, impossible de bouger sans que ça fasse un mal de chien ! Et quand je dis chien, je pense pitbull ! Un chien bien agressif ! Bref, j'appuie sur la sonnette aussi longtemps que je peux, puisque quelques secondes à peine et me revoilà plongé dans l'obscurité complète.

Voilà, monsieur le juge, comment je me souviens que ça c'est passé : je ne suis pas un terroriste, juste un simple curieux. Si j'avais su...

mardi 1 janvier 2008

STRUCTURE

L'esprit qui hante mon cerveau (ces mots ne sont pas posés au hasard de mon inspiration littéraire pour faire uniquement joli) repose sur une base matérielle indispensable : pour fonctionner, mon esprit a besoin d'une structure physique (les neurones - eux-mêmes extension de mon corps - et leurs connexions), d'énergie et de chimie : il fonctionne pour produire non seulement son fonctionnement (la fonction fait l'organe qui fait la fonction : cercle interactif en mouvement continuel, même erratique), mais également de notions et autres concepts qui, bien que reposant sur une matérialité, ne sont pas de l'ordre de cette matérialité, bien au contraire, mais représentent l'immatérialité absolue produite par une matérialité : le concret produit de l'abstrait in fine : il est indispensable de bien concevoir cet événement avant d'aller plus loin dans l'imaginaire.

Les productions intellectuelles existent concrètement parce qu'elles suivent un chemin physico-chimique, réel, tangible, parfaitement identifiable par notre technologie contemporaine.

Cependant, elles représentent des conjectures qui symbolisent les définitions des choses et de leurs actions respectives : impalpables, évanescentes, essentielles, visualisables (c'est pourquoi l'on parle d'imaginaire, y compris dans la grammaire qui n'est qu'associations d'images lexicales) immatérielles donc.

C'est une sorte de projection mentale d'images, comme si on projetait non pas les images en elles-mêmes, mais leur programme numérique : des informations binaires qui codent l'image, qui supportent les informations nécessaires pour avoir un rendu après transport par un support qui non seulement encode, mais émet, décode et transmet alors qu'il est lui-même récepteur.

Cette allégorie "transistorielle" permet de bien comprendre le fonctionnement systémique de l'organe, à la fois producteur, vecteur et spectateur non pas de matérialité, mais de connaissances, fussent-elles plus ou moins proches de la vérité de la réalité censée étudiée.

La matière produit de l'immatière au coeur de notre cerveau : ce n'est qu'ne simple constatation.

Ce qui veut dire que l'immatière a besoin de matière pour être exprimée. Ce qui signifie aussi que l'immatière a une réalité puisqu'elle est exprimée par la matière bien réelle de la réalité, via notre esprit. Ce qui rend alors bien réels tous les concepts humains et leurs notions associées : tout ce qui est de la réalité est ipso facto réalité, même si cette réalité produite est intangible par excellence.

Pour bien faire comprendre mon propos, je vais prendre un exemple bien concret.

J'imagine une maison. Simple : quatre murs écru, un toit à deux pans avec des tuiles de Marseilles et une cheminée en briques rouges; des fenêtes avec des volets bleu lavande, des portes-fenêtres, et, une porte d'entrée en bois exotiques claire. Bref, une maison que tout le monde visualise à sa manière, mais que tout le monde visualise tout de même : je viens donc de décrire non pas tout à fait une maison, mais un concept de maison avec des détails quelque peu suffisamment précis pour se faire une idée directive de ce que je voulais transmettre à autrui.

Ainsi, je peux affirmer que la maison imaginaire que je viens de décire succintement est bien réelle dans l'imaginaire de chacun des lecteurs présents et continuera à exister dans leur mémoire si tel est leur bon plaisir.

La maison conceptuelle est donc réelle au coeur de notre réalité, bien qu'elle ne soit pas tangible : je la vois, mais je ne peux pas la toucher autrement qu'en pensée.

Le concept est donc réel.

Mais ce qu'il décrit est irréel par essence.

J'ai donc un esprit qui possède une structure matérielle qui lui est propre, et dont cette structure permet de fabriquer de la réalité conceptuelle qui permet de traduire de l'irréalité (autre mot pour réalité conceptuelle).

La matière, par mon intermédiaire, par ce qu'elle a su fabriquer au fil du temps pour parvenir à se doter d'un esprit structuré de telle sorte qu'il crée de l'immatérialité par une organisation à la fois conceptuelle et à la fois physique, finit par rendre compte de son propre état, de ce qu'elle est elle-même par elle-même, c'est-à-dire par ce qu'elle dispose pour s'auto-comprendre, pour comprendre ce qu'elle est, pour exprimer sa compréhension d'elle-même et non pas pour exprimer une compréhension extérieure, qui n'aurait rien avoir avec elle, non, pas du tout : la matière ne fait que trouver un moyen d'auto-analyse avec l'une de ses finalités produites certainement au hasard : l'humanité.

Les productions intellectuelles de mon esprit ne sont que le reflet analogique via un cheminement numérique si je puis dire, de ce qui me compose et rien d'autre : je suis d'un monde et de sa matière, je n'en suis pas exclu.

Ce que je comprends du monde : c'est le monde entier que je comprends (phrase facilement inversable : je comprends le monde entier : sens éminamment universel).

Redondance, mise-en-abîme, gouffre, reflet, rebond, renvoi, expansion, interaction, implication, imbrication, imbrications d'imbrications.

Tout contient tout et inversement si j'ose exprimer pareille répétition : synecdoque confusionnelle perpétuelle, comme une lumière stromboscopique qui s'échange entre deux miroirs opposés symétriquement pour créer la réalité par antipodes interposés.

Bref, mon intellectualité est une réalité qui repose sur une structure matérielle concrète, bien que cela ne serve qu'à produire de l'abstraction elle-même reproduction de la réalité : concret / production / abstraction / production...de concret par compréhension.